Thursday, October 26, 2006

Auprès de mon arbre...

Auprès de mon arbre, chantonnait Tom-Tom hier matin -toujours une mélodie à la bouche, celui-là.

Auprès de mon arbre, je vivais heureux, disait Brassens.

Drôle de coïncidence, cette chanson, avec tout ce qui trotte dans ma tête depuis quelques jours.

Leurs arbres, mes récents ancêtres ont dû les quitter. Depuis plus d'un siècle, mes aïeuls bretons, normands, auvergnats, ont quitté Carhaix, Le Havre et La Chabanne pour échouer, après des escales diverses -Nantes, la Guadeloupe et Madagascar pour ne citer qu’eux, en région parisienne. Je suis d’ailleurs, en cela, typiquement francilienne. Typiquement francilienne également avec mon souhait d’en partir.

Les proches du père de mes enfants n’arrivaient pas à concevoir cela: que je sois « de nulle part ». C’est quoi, être de quelque part? Qu’est-ce que cela représente pour moi qui suis née dans une région où je n’ai pas remis les pieds depuis mon premier anniversaire, qui a vécu ici et ailleurs avant d'atterrir en région parisienne, qui lui a fait une infidélité de 2 ans? Pour moi dont les parents n’ont pas non plus grandi là où ils sont nés, et ainsi de suite sur plusieurs générations?. Aucun de nous n’est né là où ses parents ont vu le jour. Alors un arbre, dans tout ça?

Dans quel état d’esprit étaient mes aïeux lorsqu’ils ont quitté le leur? Que cherchaient-ils? Un ailleurs meilleur sans doute, dans un monde en pleine mutation, ou une envie d‘aventures… Avaient-ils le cœur serré ou au contraire rempli d’allégresse?

Avoir un arbre quelque part, c’est être ancré dans ce lieu, et depuis quelques mois, je comprends que je suis plus liée à cet endroit que je le croyais. Je suis heureuse que mes enfants y fassent leur trou. Qu'ils aient un arbre.

Mais non, décidément, pas ici, pas comme ça. Pas dans cette environnement tout de haine et de violence. Nous allons donc tenter notre chance ailleurs, comme l’ont fait ceux qui m’ont précédée. En gardant à l’esprit que quelque soit l’endroit où je m’installerai, je ne serai jamais tout à fait satisfaite. Jamais tout à fait chez moi. Parce que, je crois, ça fait simplement partie de ma personnalité. J'ai toujours eu envie de partir, mais j'ai toujours su que je ne me sentirais jamais nulle part totalement bien, indiscutablement chez moi.

Mais auprès de notre arbre, nous vivrons toujours heureux. Parce que notre arbre, c’est nous trois, où que nous nous enracinions.

2 Comments:

Blogger bricol-girl said...

Et tout ça fait un arbre généalogique, logique non!

1:05 AM  
Anonymous avanaé said...

:-))

11:57 AM  

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